Analyse de spectacle – Jenufa, Leos Janacek (1904) @ Avignon

Jenufa est un opéra Morave, interprété à Avignon en mars dernier.

Jenufa est un opéra Morave, interprété à Avignon en mars dernier.

I. Avant-Propos :

      a) Leos Janacek

Leos Janacek est un compositeur revendiquant un opéra national.

Leos Janacek est un compositeur revendiquant un opéra national.

Leos Janacek est un compositeur Tchèque né en 1854 et mort en 1928. Il se revendique Morave. Né dans un petit village, il fait ses études à Brno, puis il voyage à St Pétersbourg, Vienne et Prague. Puis il revient à Brno où il enseignera la musique. Au début de sa carrière, il ne compose que de la musique instrumentale (des symphonies, de la musique de chambre..) Il fait parti avec Smetara (Bohème) et Dvorak (Hongrie) des trois grand compositeur Tchèque du début du XXème Siècle. Il a écrit cinq grands opéras. Jenufa est le premier en 1904, suivit de Katia Kabaranova en 1921, La petite Renarde rusée en 1924, L’affaire Makropoulos en 1985 et De la Maison des Morts en 1988.

Au début, ses œuvres se rattachent au vérisme. Un mouvement parallèle du naturalisme en littérature, dans le but de mettre en scène la réalité la plus vraie possible de par la peinture des sentiments et des réalités sociales (comme Puccini en Italie). La différence, c’est que, chez Janacek le côté social est plus marqué que chez ses contemporains. C’est pourquoi il se rapproche plus de Mascogni qui met en scène la campagne Sicilienne. A partir de l’année 1880 et jusqu’à la fin de la guerre, il s’engage dans le mouvement indépendantiste Tchèque, pour l’indépendance de la culture Morave qu’il veut écrire et valoriser grâce à la musique folkloriste et les thèmes populaires qu’il a collecté sur le terrain.

Jenufa est le premier opéra Tchèque et il est très représenté. Dans De la Maison des Morts, on voit néanmoins une très nette évolution, adapté du texte de Dostoïevski, Janacek se rapproche musicalement de la musique de la seconde école viennoise(Schönberg, Berg et Webern, précurseur de la musique moderne), rompant ainsi avec le vérisme.

      b) Jenufa

 Jenufa est le premier opéra de Janacek, il s’agit aussi du premier opéra Morave composé en 1907. Inspiré de la pièce Jeji Pastorkyna de Gabriela Pressova, cet opéra est un drame paysan de la jalousie, sur fond d’infanticide, dans un milieu social fermé, où les sentiments sont exacerbés et écrasés par le poids du regard social. Grand mère Buriya est une vieille dame aveugle, elle est propriétaire d’un moulin (lieu de richesse) et a trois petits enfants. Laca et Steva sont demi-frères. Steva est l’héritier du moulin, tandis que Laca est le fils bâtard, plus utilisé comme ouvrier que comme l’égal de Steva. Et enfin, il y a Jenufa, la petite fille de grand mère Buriya. Elle est élevée par la Kostelnicka (sa belle-mère), qui est très soucieuse de l’honneur de Jenufa, à qui elle a apprit à lire. Ce qui est sa principale fierté. Mais la Kostelnicka est très autoritaire : le père de Jenufa était sacristain, du coup elle veille a conserver son prestige socail. Le milieu est fermé. Tout se passe autour du moulin. Et un triangle amoureux émerge vite. Jenufa est amoureuse de Steva (qui est un coureur) dont elle est enceinte, et Laca est amoureux d’elle. Jenufa est une œuvre totale. Janacek a écrit le livret en Tchèque. Il garde la prose pour l’adapter à la langue. Cet opéra suit le même format que Pelleas et Melisande de Debussy. La musique est la symbiose de thèmes populaires et de deux chœurs folkloriste que Janacek rend savants. Cet opéra est connu pour ses trois principaux rôles (Jenufa, Laca et la Kostelnicka) qui sont très longs et lourds. Janacek respecte les codes concernant les voix, mais il les dépasse : Grand Mère Buriya est alto, Steva et Laca ténor, Jenufa soprano, la Kostelnicka est mezzo-soprano. Mais il n’y a pas de baryton (hormis quelques seconds rôles très courts) ce qui innove. C’est un opéra composé pour un grand orchestre.

     c) Le théâtre d’Avignon

 Le théâtre d’Avignon est une petite salle de 1100 places. Il s’agit d’un théâtre à l’Italienne (plus petit que les théâtres antiques, afin de mieux voir et entendre ce qui se passe sur scène. La salle fait un U et s’élève sur plusieurs étages/balcons). Il y est joué du théâtre, de l’opéra et de la danse. Il y a quelques créations aussi. Le responsable de la programmation est Raymond-Duffaut.

La Façade du théâtre d'Avignon

La Façade du théâtre d’Avignon

Les balcons.

Les balcons.

Le toit
Le toit

La fosse.

La fosse.

I. Analyse de Jenufa

Mise en Scène – Friedrich Meyer-Oertel

     a) Acte I

l-humain-d-abordLe plateau est très éclairé, les hommes revenant du recrutement sont triomphant, même si Steva n’est pas enrôlé, tout le monde est heureux de ce retour et il est accompagné de quelques soldats qui vantent ivres ses mérites auprès des filles. Ce choix de décor est plutôt sobre : il n’y a pas de moulin. C’est clair et épuré : le folklore ne se trouve pas là. Il est plus dans les costumes. Les femmes et le « peuple » sont en bleu, les hommes du recrutement sont mit en valeur puisqu’ils sont en jaune. Jenufa est en bleu, elle n’est qu’une femme parmi tant d’autre (Steva charme deux autres femmes dans l’acte un cf la vidéo). Bruiya porte un costume aussi typique de la Moravie, avec une canne : elle est vieille. Steva est en jaune, tandis que Laca est habillé comme un ouvrier. On voit ainsi que Steva est clairement mit en avant. Laca enrage de voir le retour de son demi-frère, il joue avec la lame de son couteau et demande au meunier de la lui aiguiser. Toutes ces différences renforcent le contraste entre les deux personnages.Le rideau se lève et on découvre du sable et un fond blanc. Le sable peut symboliser l’été, le retour du recrutement et le fond blanc l’infini : les personnages sont dans cet espace qui semble sans limite, mais il devient, par analogie isolé de tout, ce qui donne un sentiment d’enfermement autour des personnages. Jenufa, Laca et grand mère Buriya attendent le retour au moulin de Steva qui rentre du recrutement. La jeune femme est enceinte de Steva et elle a peur que celui-ci soit enrôlé dans l’armée. De plus, Laca est amoureux d’elle et voue une profonde haine envers son demi-frère, car il a tous les privilège : il est l’héritier du moulin et Jenufa est amoureuse de lui.

Le folklore se trouve aussi dans l’action : en effet, les musiciens jouent à la demande de Steva un air folklorique sur lequel il danse avec Jenufa. C’est alors que La Kostelnicka arrive, elle est en noir, ce qui montre bien sa profonde sévérité, elle aussi en contraste avec les costumes colorés des autres personnages. Choquée par le comportement de Steva, elle interdit le mariage avec Jenufa tant qu’il ne sera pas resté sobre pendant une année. Tout le monde sort, sauf les deux amoureux déchus. Jenufa lui demande de continuer à l’aimer, mais Steva, n’étant pas au courant de la grossesse, se délecte de Jenufa en lui sortant des banalités. C’est alors que Laca revient. Il tente d’entraîner Jenufa a détester Steva mais celle-ci prend sa défense. Laca sachant que Steva ne l’aime que pour ses jolies joues roses, dans une colère incontrôlable, lacère la joue de Jenufa. C’est ainsi que s’achève le premier acte.

Durant celui-ci, il y a tout un jeu avec les foulards : Laca prend celui de Jenufa pour l’attirer à lui, puis il ramasse celui de la Kostelnicka pour obtenir ses faveurs. Il n’y a pas beaucoup d’objet, mais ils ont systématiquement un fort poids symbolique : Steva jette des billets verts et violets en signe de richesse. Laca est jaloux. Il casse le pot de Romarin que Steva a offert à Jenufa. Le romarin symbolise l’amour et la fidélité et Laca le découpe et le massacre à l’aide d’un couteau. Il est amoureux à sens unique et souffre. Et c’est Jenufa qui ramasse les morceaux du pot cassé. Par la suite, c’est ce même couteau qui défigure Jenufa et détruit son idylle avec Steva et sa vie. L’alcool a également un rôle important, puisque c’est à cause de cela que la Kostelnicka s’oppose à ce mariage, de part sa propre histoire.

La musique est festive, le chœur chante des chansons folklorique, Janacek semble apprécier les motifs court avec des instruments inattendus tel que le carillon qui donne un côté encore plus festif à ce retour du recrutement. Mais ça, ce n’est qu’au début de l’acte, puisqu’avec l’arrivée de la Kostelnicka, une tension progressive s’installe et va crescendo jusqu’à la fin de l’acte : quand Laca lacère la joue de Jenufa, par quelques procédés musicaux simples : une prépondérance des cuivres et les violons jouant des tremollo.

Jenu2       b) Acte II

 Après un entracte, le rideau se relève. Quelques mois se sont écoulés et l’action se passe dans la maison                    de la Kostelnicka. Il y a un toit sombre et bas. Il donne un sentiment d’oppression. La lumière est bleue. C’est la nuit. Jenufa coud. Cela peut faire référence à deux choses. Au conte populaire de la belle au bois dormant, dans lequel la belle se pique le doigt en cousant sur une aiguille empoisonnée et s’endort jusqu’à ce que son prince vienne la réveiller. Ou ça peut aussi être une référence à Pénélope, qui coud et découd toutes les nuits en attendant le retour d’Ulysse… Mais l’idée d’une œuvre Morave montre la limite de ces deux interprétations.

Jenufa a accouché d’un fils. Steva n’est pas encore venu le voir et la Kostelnicka cache Jenufa, qui, même si elle est épuisée, est heureuse d’avoir eu cet enfant. Elle porte une robe blanche, ample. Elle est négligée : elle sort d’une grossesse et le blanc pourrait symboliser la pureté de l’enfant. Ou alors, la naïveté de la jeune femme qui attend toujours Steva.

Tandis que Jenufa va dormir, la Kostelnicka, toujours vêtue de noir, convoque Steva et le supplie de prendre ses responsabilités. Ce à quoi il répond qu’il pourra donner de l’argent. Mais personne ne doit savoir qu’il est le père car son amour pour Jenufa est mort depuis le jour où elle a été défiguré par Laca et que depuis, il est fiancé auprès de la jolie Karolka, la fille du maire. Steva porte une veste noir, il n’est plus si innocent qu’au début, puisqu’il abandonne Jenufa. Il porte un chapeau, signe de richesse. C’est à ce moment là qu’on voit un léger paradoxe. L’enfant est dit « blond comme son père », mais le chanteur est brun. On voit ici, les contraintes de l’opéra, où la voix est prépondérante. Mais ça ne gêne en rien la compréhension de l’histoire. Steva sort.

Entre alors Laca, il est mieux habillé qu’à l’acte un. Mais il reste inférieur à Steva : il n’a pas de chapeau. La Kostelnicka est épuisée, elle dévoile que Jenufa a eu un enfant de Steva et Laca, toujours amoureux de la jeune femme, en souffre, mais il désire toujours l’épouser. Pourtant, il avoue que l’enfant le gêne. Puisqu’il est le fils de son rival. C’est alors que la Kostelnicka raconte que le bébé est mort. Du coup Laca sort pour préparer le mariage.

Une fois seule, la Kostelnicka réalise son erreur d’avoir menti à Laca pour l’honneur de Jenufa. Elle prend alors la décision de supprimer l’enfant. Elle ouvre une fenêtre et une lumière bleu, plonge sur elle. Ce qui l’écrase et accentue le poids de son fardeau et de sa culpabilité. Elle va alors chercher le bébé et le sort pour le plonger sous la glace, afin qu’il meurt de froid et on voit que l’enfant est entouré d’un linge noir. Couleur de la mort.

Quand Jenufa se réveille, elle chante une prière pour son enfant. Elle a une vierge devant laquelle elle prie à genoux. Nous voyons ainsi que la Moravie est un « pays » chrétiens. Lorsque la Kostelnicka revient, elle lui annonce qu’elle est restée inconsciente plusieurs jours à cause d’une fièvre et que son enfant est mort. Elle lui raconte également la lâcheté de Steva et la jeune femme est effondrée. Laca revient alors et demande à Jenufa de l’épouser. Elle accepte, mais elle ne l’aime pas.

Musicalement, on sent tout au long de l’acte deux que la tension continue sur la lancée de l’acte un et va toujours crescendo. Au début, elle ne l’est pas trop, puisque Jenufa rêvait encore du retour de Steva. Jusqu’à ce qu’elle aille se coucher. Lorsque Steva rejoint la Kostelnicka, la tension commence à monter. Puis il y a un silence et il s’enfuit. Puis vint l’entrée de Laca et la tension continue de monter. La douleur de Laca est extrêmement expressive. Puis il sort et là montée la plus forte c’est lorsque la Kostelnicka prend l’enfant : les violons pleurent. Quand Jenufa se lève, la musique est sombre, alors que jusqu’alors elle était toujours associée à une musique plus légère. Et enfin, lors de la folie de la Kostelnicka, la tension est à son comble. Elle chante Fortissimo et elle fini à genoux. Épuisée et elle aussi très expressive. Le rideau tombe à nouveau.

      c) Acte III

Jenu3

 Le rideau se relève. Le toit est plus haut. La lumière est blanche. Deux mois ont passés. C’est le printemps et le jour du mariage de Jenufa et Laca. C’est l’acte où il y a le plus d’objets, une table, des verres, des serveuses, des fleurs. C’est le mariage. C’est censé être un moment de fête. Pourtant, Jenufa arrive portant une robe noir. Elle a perdu sa joie de vivre. Elle est en deuil et elle n’aime pas Laca. Elle porte néanmoins un voile blanc, symbolisant le mariage. La Kostelnicka arrive alors très sombre, vêtue d’une robe noir comme d’habitude, mais avec du rouge, couleur du sang. Elle apparaît ravagée : elle se dégrade. Elle est complètement folle. Écrasée par la culpabilité. Elle porte un chapelet, signe de pénitence. Jenufa retire son voile : ce mariage n’est un mariage d’amour que pour Laca, la jeune femme, elle, est résignée et désabusée.

Entrent alors le maire et sa femme. Ils sont riche et portent des vêtements très ornementés. Laca, quant à lui, fait tout pour que Jenufa se sente bien, il s’est même réconcilié avec Steva pour elle, il lui annonce même que celui-ci arrive pour présenter ses vœux, accompagné de la fille du maire (avec qui il est fiancé). On voit alors arriver un Steva portant un costume blanc et la femme du maire porte une robe blanche avec un châle noir. On voit alors un énorme contraste entre les deux couples : le costume de Laca est noir, comme la robe de Jenufa. Grand-mère Bruya, apparaît quant à elle comme au début de la pièce, avec un costume traditionnel.

Entrent alors des jeunes filles vêtues en bleu, comme dans l’acte un, qui danse et chantent pour fêter le mariage, elles donnent une fleur à Jenufa, mais on voit qu’elle n’est pas heureuse. Arrive alors un villageois qui annonce qu’avec le dégel, un corps de nourrisson a été retrouvé noyé sous la glace du ruisseau. Jenufa craque. Elle reconnaît son fils. On apprend qu’elle a appelé son fils Steva, comme son père. La foule découvre le secret de Jenufa et on l’accuse d’être l’auteur du crime. Les villageois veulent l’attraper mais Laca s’énerve. Il casse les chaises, retourne la table (ce qui fait écho au retournement de situation). Il y avait du vin sur la table. Alors que c’est l’alcool même qui a empêché en grande partie le mariage de Steva et Jenufa. Il est renversé au sol. Gâché. Comme leur amour et leur vie.

C’est alors que La Kostelnicka avoue à la surprise de tous. Elle supplie Jenufa de la pardonner. Et celle-ci lui pardonne, même si l’acte est inqualifiable, elle comprend la réaction de sa belle-mère qui voulait la protéger. Le maire remet alors La Kostelnicka aux autorités.

Puis alors, une fois que tout le monde est parti. Jenufa est seule avec Laca. Elle est consciente de son déshonneur. Elle lui propose d’annuler leur mariage et de se séparer. Mais Laca, fou d’amour pour elle lui propose de recommencer leur histoire et Jenufa touchée accepte. C’est là première fois qu’elle s’ouvre à Laca. Mais elle ne l’embrasse pas. Alors qu’elle avait embrassé Steva lors de l’acte I.

Musicalement, cet acte commence d’une manière très sombre avec l’entrée des différents protagonistes vêtus de noir. Mais progressivement, elle devient plus légère : les filles entrent et chantent une chanson folklorique. Puis la musique se calme au moment où les époux sont bénis, puis la tension revient lorsqu’on annonce la découverte du corps du fils de Jenufa. Une cacophonie commence alors. Le rythme est très rapide. Lancinant. Les cuivres sont puissant et on retrouve les tremollo au violon. Vient alors les aveux où la musique est très sombre. Jusqu’à la sortie de la Kostelnicka. La musique redevient calme, Laca et Jenufa sont seul. Il y a beaucoup de silence. On voit le dévouement de Laca. La fin n’est pas malheureuse, mais elle n’est pas heureuse non plus.

jenufa 13S024-3122

Cet Opéra va crescendo au fil des actes. Il commence de manière festive, puis les premières tensions naissent avec la jalousie de Laca et est à son apogée lors du retournement de situation final. On voit dans cet opéra, les enjeux des milieux sociaux refermés comme ce moulin. Le poids de l’honneur, mais aussi celui de la honte et des préjugés qui entraîne la douleur. Cette mise en scène était intéressante. Épurée au niveau des objets et des décors, mais ce débarrassant ainsi des fioritures. L’esprit folklorique Morave est tout de même gardé dans la langue, dans les costumes et dans la musique, notamment lors des chants des chœurs. Mais toujours dans un langage savant. Le Morave est une langue qui en l’occurrence sonnait bien. Néanmoins, les quelques problèmes de surtitrages étaient gênant. Même si globalement, le reste restait compréhensible. Les chanteurs ont bien joués le jeu. Surtout Géraldine Chauvet (La Kostelnicka) qui était très expressive dans ses expressions et supplication. Elle était la plus marquée théâtralement.

Au niveau des voix, Grand-mère Buriya (interprétée par Anne Salvan) est alto, elle représente la sagesse, elle manquait un peu de puissance, mais son rôle est court et elle convenait tout de même. Dès le départ, il y a une tension entre l’amour et la jalousie. Laca (interprété par Marlin Miller) est un ténor puisqu’il joue le rôle d’un amoureux. Son rôle est marqué par la passion, il est l’un des trois rôles principaux. Il a un très beau timbre de voix et sa technique est irréprochable. Il s’impose face à une Jenufa un peu décevante, car très jeune. Bien que sa voix soit jolie, son rôle est très long, très aigu (puisqu’elle est amoureuse, elle est soprano) et très lourd et on sent qu’elle manque d’expérience. Steva (Florian Laconi) avait lui aussi un joli timbre, bien qu’il soit moins impressionnant que Marlin Miller. Il ne faut pas oublier Géraldine Chauvet, dans son interprétation de La Kostelnicka qui a su être époustouflante a des moments clefs : la fin de l’acte II, et les aveux dans l’acte III. C’est un opéra où la majorité des voix sont aigus. On a donc un lyrisme très marqué. Dans les second rôles, Aurélie Ligerot, dans le rôle de Jano avait un chant très clair et efficace, agrémenté d’un timbre agréable, et il ne faut pas oublier les deux barytons, qui bien qu’avec des apparitions courtes, contrebalançaient bien avec toutes ces voix aigus : Philippe Ermelier dans le rôle du contremaître et Frédéric Goncalves dans le rôle du maire. Les deux entractes cassaient légèrement le rythme, du coup, les actes semblaient très courts. Mais la tension atteignant toujours son apogée à chaque fin d’acte, laissait un suspense terriblement efficace. Ce fut une très belle réalisation que celle qu’a réalisé Friedrich Meyer-Oertel.

Direction musicale : Balàzs Kocsàr, Direction des Chœurs : Aurore Marchand, Etudes musicales : Mathieu Pordoy, Mise en scène : Friedrich Meyer-Oertel, Assistant : Ruth Orthmann, Chorégraphie : Eric Belaud, Décors / Costumes : Heindrum Schmeizer, Lumières : Hans Haas, Jenufa : Christina Dietzch-Carvin, Kostelnicka Buryjovska : Géraldine Chauvet, Grand-mère Buryjovska : Anne Salvan, La Femme du Maire : Marie-Thérèse Keller, Karolka : Clémence Barrabé, La vachère / Pastuchyrna : Marie Gautrot, Barena, une servante : Ludivine Gombert, Jano, un berger : Aurélie Ligerot, Laca Klemen : Marlin Miller, Steva Buryjovska: Florian Laconi, Le contremaitre : Philippe Ermelier, Le maire :Frédéric Goncalves + Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence + Chœur et Ballet de l’Opéra-Théâtre du Grand Avignon 

Direction musicale : Balàzs Kocsàr, Direction des Chœurs : Aurore Marchand, Etudes musicales : Mathieu Pordoy, Mise en scène : Friedrich Meyer-Oertel, Assistant : Ruth Orthmann, Chorégraphie : Eric Belaud, Décors / Costumes : Heindrum Schmeizer, Lumières : Hans Haas, Jenufa : Christina Dietzch-Carvin, Kostelnicka Buryjovska : Géraldine Chauvet, Grand-mère Buryjovska : Anne Salvan, La Femme du Maire : Marie-Thérèse Keller, Karolka : Clémence Barrabé, La vachère / Pastuchyrna : Marie Gautrot, Barena, une servante : Ludivine Gombert, Jano, un berger : Aurélie Ligerot, Laca Klemen : Marlin Miller, Steva Buryjovska: Florian Laconi, Le contremaitre : Philippe Ermelier, Le maire :Frédéric Goncalves + Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence + Chœur et Ballet de l’Opéra-Théâtre du Grand Avignon

Crédit photo : ©cedric Delestrade/studio-avignon

 

 

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